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Législation

Les nouvelles règles de la copropriété en vigueur

Mathieu — 08/06/2026 — 10 min de lecture

Les nouvelles règles de la copropriété en vigueur

Les clés à connaître

  • Les nouvelles règles de copropriété issues de la loi ELAN et de la loi ALUR imposent des changements concrets pour les syndics et copropriétaires.

Vous êtes copropriétaire depuis peu et vous vous demandez pourquoi votre syndic insiste soudainement sur un "fonds de travaux" ou un "compte séparé"? Ces obligations ne sortent pas de nulle part: elles s’inscrivent dans un cadre légal renforcé par les lois ALUR et ELAN, qui visent à assainir la gestion des copropriétés et à protéger le patrimoine immobilier collectif. Derrière ces mesures, une logique simple: prévenir plutôt que guérir.

Les piliers de la loi Alur et de la loi ELAN

Le fonds de travaux obligatoire

Créé par la loi ALUR, le fonds de travaux est devenu un pilier incontournable de la copropriété. Il vise à anticiper les dépenses de gros œuvre et d’entretien prévisible, évitant ainsi les appels de fonds massifs et imprévus. Ce fonds doit être alimenté chaque année, même si aucun chantier n’est planifié. Son montant minimum est défini par l’assemblée générale, mais en pratique, les experts recommandent une contribution annuelle représentant entre 5 et 10 % des charges courantes. Ce n’est pas une option: c’est un droit attaché au lot, qui suit le bien même lors d’une revente.

L'imposition du compte bancaire séparé

Autre obligation clé: tout syndicat de copropriétaires doit disposer d’un compte bancaire séparé, ouvert à son nom propre. Cela signifie que l’argent de la copropriété ne peut pas transiter par le compte du syndic ou d’un tiers. Ce dispositif renforce la transparence financière et protège les fonds communs en cas de litige ou de défaillance. Il évite aussi les confusions entre l’argent privé du syndic et les finances de l’immeuble. La tenue de ce compte est strictement contrôlée par le conseil syndical.

La fiche synthétique de la copropriété

Lorsqu’un bien est mis en vente, le vendeur doit désormais fournir une fiche synthétique reprenant les informations essentielles sur la copropriété. Cette obligation vise à mieux informer les acquéreurs. Elle comprend:
  • Le montant des charges annuelles
  • L’état des impayés dans l’immeuble
  • Le bilan du fonds de travaux
  • Les décisions votées lors des dernières assemblées générales
  • Les éventuelles procédures judiciaires en cours
Ce document, intégré au carnet numérique d’entretien, devient un outil central dans les transactions immobilières.

Évolution du règlement de copropriété et mise en conformité

La définition des parties communes spéciales

La loi ELAN a clarifié un point souvent source de conflits: les parties communes à usage privatif. Désormais, le règlement de copropriété doit préciser si un espace - comme un jardin ou une cave - est une partie commune à jouissance privative ou une partie commune spéciale. La nuance est importante: dans le premier cas, l’entretien revient au syndicat, mais l’usage est exclusif; dans le second, des clauses spécifiques peuvent être prévues pour les frais de maintenance. Ceux qui n’ont pas mis leur règlement à jour risquent l’inopposabilité de certaines décisions en cas de litige.

Le carnet numérique d'entretien

Le carnet numérique remplace progressivement le carnet papier. Centralisé et accessible en ligne, il regroupe l’historique complet de l’immeuble: diagnostics obligatoires, contrats de maintenance, procès-verbaux d’assemblées, travaux réalisés ou prévus. Cette digitalisation s’inscrit dans une logique de traçabilité renforcée. Il simplifie aussi les échanges entre copropriétaires, experts et syndics, et permet un suivi plus rigoureux de l’état du patrimoine.

Nouvelles modalités pour les assemblées générales

Le vote par correspondance et visioconférence

Les assemblées générales ne nécessitent plus systématiquement de se déplacer. Grâce aux lois ALUR et ELAN, les copropriétaires peuvent voter par correspondance ou participer en visioconférence. Le formulaire de vote doit être daté, signé et envoyé par pli recommandé ou déposé au secrétariat. Il doit aussi inclure un justificatif de représentation si le vote est émis par un mandataire. Cette souplesse facilite la participation, mais impose des règles strictes de validité pour éviter les contestations.

L'assouplissement des règles de délégation

Autre changement: un copropriétaire peut désormais se faire représenter par un tiers sans limite de nombre de mandats. Cela permet une plus grande liberté dans l’organisation des assemblées, mais soulève aussi des questions sur l’équilibre du pouvoir. Pour éviter que trop de voix soient concentrées entre les mains d’un seul représentant, certaines copropriétés limitent, par règlement intérieur, le nombre de procurations qu’un individu peut détenir. Cependant, cette restriction ne peut pas aller à l’encontre des textes de loi.

Obligations des bailleurs et encadrement des loyers

Le respect des critères de décence énergétique

Les copropriétés vieillissantes sont au cœur de la rénovation énergétique. La loi interdit désormais de louer des logements classés F ou G au DPE - dits "passoires thermiques" - dans certains cas. Cette mesure pousse les copropriétaires à entreprendre des rénovations globales, surtout lorsque plusieurs lots sont concernés. La mise en place du fonds de travaux prend ici tout son sens, car elle permet d’anticiper des investissements lourds.

Le plafonnement des loyers en zones tendues

Dans certaines villes, les loyers sont encadrés par un loyer de référence majoré. Les propriétaires ne peuvent pas dépasser un certain seuil, sous peine de sanctions. Ce plafond est fixé selon la localisation, la taille du logement et sa qualité. Ces règles s’appliquent uniquement dans les zones où la demande de logements excède nettement l’offre. Cette mesure vise à lutter contre les abus, mais touche aussi les copropriétés dont les revenus locatifs sont impactés.

Les diagnostics obligatoires à jour

Un bailleur doit fournir plusieurs diagnostics lors de la location: DPE, état des risques naturels et miniers, état relatif aux installations intérieures d’électricité et de gaz si le logement a plus de 15 ans. Ces documents doivent être récents - généralement moins de 10 ans pour les risques, 6 ans pour l’électricité. Leur absence peut rendre le bail caduc. Ils sont aussi un levier pour améliorer la qualité du parc immobilier.

Synthèse des sanctions et contrôles

Type de manquementSanction possibleResponsable visé
Absence de compte bancaire séparéMise en demeure par le tribunal, mise sous tutelle administrativeLe syndic ou le conseil syndical
Défaut de fiche synthétique en cas de venteNullité partielle du contrat, amende civileLe vendeur du lot
Non-mise en conformité du règlement de copropriétéInopposabilité des clauses au copropriétaire, sanctions administrativesL’ensemble de la copropriété

L'avenir de la copropriété connectée

L'installation de bornes de recharge électrique

La transition écologique passe aussi par le parking de l’immeuble. La loi prévoit désormais un "droit à la prise": tout copropriétaire possédant un emplacement privé peut installer une borne de recharge, sans l’accord de l’assemblée générale, sous réserve que les frais soient entièrement à sa charge et que les travaux ne concernent que sa partie privative. Pour les installations sur parties communes, un vote est requis, mais les nouvelles règles facilitent l’approbation en limitant les motifs de refus. C’est un pas important vers une copropriété plus adaptée à l’usage quotidien.

Les questions standards des clients

Peut-on refuser de cotiser au fonds de travaux si l'immeuble est neuf?

Les copropriétés récentes, de moins de cinq ans, peuvent être dispensées de cotiser au fonds de travaux, sous certaines conditions prévues par la loi. Cette exemption vise les immeubles encore sous garantie décennale, où les gros travaux sont peu probables à court terme. Toutefois, il est conseillé de constituer un petit fonds préventif.

Quelle est la différence entre une partie commune spéciale et une partie commune à jouissance privative?

Une partie commune à jouissance privative est un espace collectif dont l’usage est attribué à un seul copropriétaire, comme une terrasse ou une cave. Une partie commune spéciale, elle, peut faire l’objet de règles particulières dans la répartition des charges, souvent définies par le règlement de copropriété.

Mon règlement n'est pas à jour par rapport à la loi ELAN, que risque la copropriété?

Un règlement obsolète peut entraîner l’inopposabilité de certaines clauses en cas de litige. De plus, en cas de contrôle administratif ou de vente, l’absence de conformité peut entraîner des difficultés juridiques et retarder les transactions.

Quels sont les frais cachés lors de la mise en place d'un syndic en ligne?

Les syndics en ligne proposent souvent des tarifs bas, mais certains incluent des frais additionnels pour l’archivage, la reprographie, ou l’accès à des outils digitaux avancés. Il est essentiel de demander un devis détaillé avant tout engagement.

Comment contester une décision prise lors d'un vote par correspondance?

Une décision d’assemblée générale peut être contestée en justice dans un délai de deux mois suivant la notification du procès-verbal. Il faut alors démontrer une irrégularie dans la procédure de vote ou un vice du consentement.

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